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Bonjour Maïmouna.
Bonjour.
Les femmes n’aiment pas cette question mais nous
allons essayer,
Quel age avez-vous?
30 ans
Quel est votre pays d’origine ?
Le Mali

Avant de passer à votre imposante carrière, parlons
de vos cheveux.
Sur votre site, nous les avons vu colorés, sont-ils au naturel la plupart
du temps ?
La plupart du temps, je rajoute des mèches rouges sur des tresses couchées,
tresses africaine. Depuis que j’ai sorti mon DVD, je mets régulièrement
du rouge pour plus de fantaisie. Depuis que je danse régulièrement (entre
les cours et les spectacles), je me sens obligé de me coiffer, car mes
cheveux naturelles (que je ne veux surtout pas défriser, au grand désespoir
des filles qui me coiffent) sont élastiques.
C’est à dire qu’avec la transpiration, mon afro de 10 à 15cm de hauteur
passe à 2 cm au bout de 1h de cours de Danse. Là ce n’est plus joli,
vu que je danse pratiquement tous les jours, il fallait que je trouve
un moyen de me coiffer qui soit en harmonie avec mes activités, sans
tomber dans la facilité de me défriser les cheveux, faire des tissages
ou porter des perruques. Quand j’étais enfant on s’est tellement moqué
de mes cheveux naturelles ou des tresses que me faisaient ma mère, qu’aujourd’hui,
je refuse de ressembler au type que tout le monde attend. Et je mets
mon africanité en avant à travers mes coiffures.
Maintenant quand je vais au Salon, on me demande toujours de me défriser
les cheveux. Je sais que dès que je rentre dans un salon, je vais
être confronté à ça. Et ça ne rate jamais, la plupart du temps on se
moque légèrement de moi. Le pire a été le jour où j’ai mis les pieds
dans un salon « Spécialiste du cheveu frisé, crépu ou ondulé”.
Je voulais me faire une coloration rouge sur les pointes de mon afro.
On m’a regardé comme si j’étais une bête sauvage, juste parce que j’avais
les cheveux crépus. Toutes les coiffeuses sont passées pour toucher
mes cheveux, comme si c’était la première fois qu’elles touchaient des
cheveux crépus, en essayant de trouver une solution. J’ai dû débourser
plus de 100 euros et me déplacer 3 fois au Salon pour une petite coloration.
Simplement parce que je ne voulais pas me défriser les cheveux. Je m’étais
vraiment senti insulté et mise à part par des filles qui sont nées avec
les mêmes cheveux que moi. Je suis contente de voir un site pareil,
qui me laisse la possibilité de m’exprimer sur ce sujet. Parce que les
cheveux pour nous les noirs c’est un grand sujet depuis notre naissance.
Nous allons désormais récapituler votre parcours avant
la danse. Vous avez commencé par le théâtre et la mise en scène, fait
des apparitions à la télévision et au cinéma ainsi que du doublage.
Vous avez également travaillé sur des castings…
Qu’est-ce qui a causé la transition vers la danse et comment s’est-elle
produite ?
Je danse depuis que j’ai 13 ans, j’ai toujours aimé ça. Mes parents
n’avaient pas la possibilité de me payer des cours de danse, donc je
n’ai pas de formation classique ou moderne, je me suis formé sur le
tas. Quand j’ai eu mon bac pour faire plaisir à mes parents, je disais
que je voulais donner des cours de danse, et mes « amis »
me disaient qu’il fallait que j’arrête de rêver que ça n’allait pas
se faire comme ça. Donc j’ai laissé tomber l’idée. Lors d’une soirée
étudiante, des filles m’ont vu danser du traditionnel africain, et m’ont
demander de leur donner des cours, elles ont demandé une salle dans
le gymnase, se sont cotisé pour me payer et c’est comme ça que j’ai
commencer à donner des cours de danse, j’ai ensuite enchaîner à Aulnay
sous bois, dans le service jeunesse pour les filles de 12-18ans, je
voulais leur apprendre autre chose que la danse hip hop, que je trouvais
à l’époque trop masculine.
Mais je travaille dans la danse et dans la comédie en même temps. Mais
ces derniers temps, c’est vrai que c’est la danse qui a prit le pas.
Mais j’ai autant à travailler avec ma tête qu’avec mon corps. Le physique
et le mental.
Quand est-ce que votre troupe, « Les Ambianceuses »,
a-t-elle vu le jour ?
La Compagnie Les Ambianceuses a vu le jour en 2002, pendant que je préparais
ma première vidéo « N’Dombolo Fever »
Comment la sélection des filles s’est déroulée ?
La première fois c’était avec l’équipe de tournage de N’Dombolo
Fever. J’apprenais aux filles un enchaînement de Danse que je leur demandais
de reproduire, ensuite, elles devaient faire une impro. Les personnalités
sont importantes, j’ai besoin que la fille dégage quelque chose. , chaque
année, il y a de nouvelles filles. J’ai besoin de filles sérieuses,
motivées et bien sûr qui savent danser. La sélection de cette année
est très bien.
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Cela fait bientôt 10 ans que vous donnez des cours
de danse.
Quelle est la moyenne des personnes présente aux leçons ?
Depuis Septembre 05, j’ai 120 personnes qui ont pris une carte
d’abonnement. Par cours, ça va de 10 à 45 personnes par cours selon
la capacité de la salle, mais en moyenne c’est 20 personnes par cours.
Il y a encore de la place à certains cours.

En 2002, vous écrivez, co-réalisez et animez le
DVD “Ndombolo Fever”.
Combien de copies furent vendus et comment décririez
vous la réaction ?
Je ne sais pas combien de copies ont été vendus, mais je sais
que ça marche bien et que ça continue à se vendre 3ans après sa sortie.
Je pense que le concept de danser devant sa télé est quelque chose de
courant. A défaut de cours de danse, c’est comme ça que j’ai commencé
à apprendre à danser. C’est ce qu’on fait devant les vidéos de Koffi.
Mais aussi devant les vidéos de gym américaine, ou les émissions de
Véronique et Davina. La danse N’Dombolo est assez festive et entraînante,
et je pense que ça décomplexe aussi.

En 2003, vous enchaînez avec le DVD “Ragga
Dance Fever”.
Le concept est original, pourquoi n’avoir rien sorti
depuis plus de 2 ans ?
J’aimerai en sortir un autre qui est déjà écrit... Mais je n’ai
pas de producteur, c’est vrai que je n’ai pas vraiment cherché, mais
si un producteur me lit…
Vous avez participé a un défilé intitulé “Honneur
et Respect” pour la Commémoration de l’Abolition de l’Esclavage. En
2004, beaucoup de gens ont été révoltés que l’on danse du N'Dombolo
lors d’un tel évènement, quel est votre position la dessus ?
Je n’étais pas au courant de cette histoire.
Je pense que les gens ont dû être choquée parce que le N’Dombolo est
une danse festive, sexy et peut-être trop légère pour ce genre d’événement.
Mais en même temps, il faut savoir que ce genre de danse est aussi indispensable
que les danses traditionnelles africaines, à travers les mouvements,
on s’exprime, on sort les tensions, on extériorise toutes les mauvaises
ondes. Si vous remarquez bien, les danses actuelles qui sont le
plus à la mode proviennent des endroits où il y a plus de misère, de
guerres civiles… Regardez le Coupé Décalé et les évènements qu’il y
a en Côte d’Ivoire, dans le N’dombolo, il y a des pas qui proviennent
d’éléments de guerre (hélicoptère, le salut de commandant, position
de tir…), il y a le Krumpin’ qui a été créé par des jeunes du ghetto
de Los Angeles après de violentes émeutes. Les pas de Dancehall sont
aussi créés par des jeunes des ghettos de la Jamaïque et tout le monde
sait d’où vient le Hip Hop. Toutes ces danses proviennent de la rue,
des souffrances, des frustrations, c’est un moyen de s’évader de la
misère ou des malheurs. Je trouve que c’est quelque chose de thérapeutique.
Donc personnellement, je trouve que le N’Dombolo avait sa place à ce
genre de manifestation.
Avez-vous des projets en vue ?
Oui, un prochain DVD, si un producteur me fait signe. Et pour cette
année avec ma Compagnie Les Ambianceuses, nous avons fait un montage
mêlant le N’Dombolo, le Coupé Décalé, La Dancehall, le Reggaeton, la
danse traditionnelle Africaine et l’Afro-Contemporain, sur une mise
en scène traitant de la violence, la rivalité, l’égalité et la fraternité.
J’ai aussi sorti de mes cartons, une comédie musicale « Héé Mariamou »,
qui traite de la double culture (Africaine et Européenne). Le rapport
d’une fille de cité en crise d’identité, avec sa mère, la vraie Africaine
non intégrée, et l’école qui représente la France. Avec tous les problèmes
qui restent les mêmes depuis que j’ai quitté ma cité La Grande Borne,
il y a 10 ans. Nous ferons une représentation durant début 2006, si
un producteur ou des mécènes veulent nous soutenir …
Et enfin un montage de texte sur la littérature Afro-américaine, sous
forme de lecture spectacle, avec des textes de Richard Wright, James
Baldwin, Langston Hughes, Toni Morrison et des textes de films
de Spike Lee, des chansons de Aretha Franklin et Billie Holiday …
C’est une commande que m’avait faite la mairie de Saint Maurice (92).
Comment vous joindre ?
http://www.lesambianceuses.com/
maimouna75@wanadoo.fr
ou au 06 60 48 02 06
Nous vous remercions et vous souhaitons une bonne
continuation.
Merci de l’intérêt que vous portez à mon travail, bonne continuation
à vous aussi.
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